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La jeunesse mauritanienne au confluent des discours religieux
Le fanatisme religieux dans sa version prédicatrice et Jihadiste a beaucoup marqué les mentalités et apporté une nouvelle manière de raisonner et de surveiller les comportements individuels ou collectif jusque souvent dans leurs moindres détails.
Dans les bus, les rues, les mosquées le débat religieux se fait plus vif et les prêches plus prononcés et pour l’essentiel, ils sont l’œuvre de jeunes qui s’abreuvent à la source du wahabisme à laquelle la secte des « Douat » est affilée et qui a impulsé en quelques années seulement une révolution apaisée des pensées et des comportements.
C’est vers les années 90 que les réseaux de prêches encouragés par des branches financières prônant la version porte –à- porte ont fait leur entrée fulgurante dans les grandes villes du pays. Son influence s’est élargie et les hommes au turban en forme de la lettre « Mime » en arabe soigneusement noué autour du crane, ont séduit une jeunesse qui jadis fréquentait irrégulièrement les mosquées, lieu de purification contre les actes d’extravagance.
Ces prêcheurs dans les lieux publics prennent le bus ou le taxi pour imposer la rigueur religieuse au prix souvent de vexations qu’ils encaissent. Franchissant aujourd’hui des milliers de kilomètres pour porter le message prophétique à leurs risque et périls. Ce travail fastidieux a abouti à une montée des groupes islamiques radicaux dans les mosquées pour se répandre dans les milieux scolaires, gagnant les administrations, les classes déshéritées etc.
Le port de la barbe intégrale a été vivement réhabilité comme l’a recommandé le prophète Mohamed (PSL). Le phénomène du prêche porte –à- porte a fini par s’imposer comme une pédagogique d’un Jihad dont la bonhomie a convaincu ceux qui au départ affichaient une certaine prudence voire une appréhension. Petit à petit les prêcheurs faisaient leurs nids sur le « lit » d’un Malékisme tolérant qui constitue le « Mezheb » (la voie) le mieux partagé par les mauritaniens.
L’Islam qui reste une religion de paix et de tolérance a subi dans sa trajectoire historique des périodes de turbulences qui sont l’œuvre devenues de ceux veulent s’en servir pour se faire justice mais qui versent dans l’excès du zèle et de l’aveuglement. C’est cette façon de revendiquer une violence sous le manteau de l’islam s’écartant des principes inaltérables d’une région qui cultive la fraternité, le respect et la diversité.
Aujourd’hui il arrive que beaucoup se perdent dans les méandres d’un « Islam politisé », « idéologisé », voire réinventé par les démons de la violence et qui fait des ravages tous les jours dans un monde où l’usage de moyens de destructions est à portée de main. Il faut bien faire la part des choses entre ce que dit l’islam, ce qu’il recommande et les usages malsains que d’autres font de cette religion de grandeur morale et intellectuelle.
Une religion qui cultive de telles valeurs doit inspirer confiance par un discours pédagogique accessible et séducteur et non la brutalité aveugle et sans fondement. L’exemple donné par le Prophète est le meilleur qui puisse faire retrouver le chemin de la droiture et de la responsabilité individuelle et collective. C’est le seul qui vaille pour se prémunir contre l’hystérie des autres…
Cheikh Tidiane Dia