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Application de la charia à Gao Les cadis amputent la main de Mohamed Agaly, coupable de vol
Au nord Mali, c’est désormais la charia qui dicte sa loi. Tout interdit bafouillé est cher payé. Mohamed Agaly, la trentaine révolue, n’a pas dérogé à cette règle. Il a été amputé de la main droite, mardi dernier, dans la cour de la police islamique de Gao, pour avoir « volé huit fois ».
Ce jeune adulte récidiviste a été arrêté par les éléments de la patrouille du quartier 6 de Gao. Mohamed Agaly, en sursis, était arrivé au seuil de la clémence de la cour islamique, pour avoir été averti sept fois. Pourtant, les tentatives de le dissuader à voler, n’ont pas manqué, notamment, le geste de l’émir de Gao, Abdoul Hakim qui lui avait remis 200 000 F CFA, pour qu’il quitte la ville ou s’adonner à un commerce.
Il a récidivé, en allant voler 100 000 F CFA et la sentence a été, cette fois, l'amputation qui, d'ailleurs, s'est faite clandestinement mais, devant 3 autres voleurs qui se sont évanouis, alors qu'ils devaient subir le même sort. Leur cas a été différé, à la demande des cadis égyptiens qui appliquent la loi à Gao.
Jugé coupable et amputé de la main droite, après une dizaine de jours dans le gnouf, sur décision des cadis (juges islamiques), il a subi sa sentence, en présence de ses codétenus qui n’ont cessé de pleurer. La présence des autres présumés voleurs était, selon un moudjahidine, pour les dissuader à commettre d’autres vols.
Cependant, la plupart d’entre eux seront libérés, dans les jours à venir, sans être amputés, pour faute de vol non grave. Par ailleurs, les locaux de la gendarmerie nationale du Mali sont en train d’être réhabilité pour recevoir des nouveaux prisonniers.
Alhoudourou Maiga (Envoyé spécial à Gao)