Cridem

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25-07-2012

12:20

Ramadan : Le thé, le café et la cigarette font des ravages.

Le thé, le café et la cigarette. Trois vices ou trois produits très usités en Mauritanie. Ces adeptes sont soumis, en ces jours de Ramadan, à de véritables supplices.

Se priver des excitants est un calvaire voire une torture psychologique qui fait souffrir les accros pendant ces premières journées de Ramadan, un mois sacré synonyme de soif, de faim et de privation. Dans cet exercice, les adeptes de thé, de café et de cigarette, souffrent le martyr, surtout ces "ingurgiteurs" de thé vert de Chine que sont les Mauritaniens, dont l’attachement aux trois "Jim " est élevé au rang de rituels, dans un pays où le thé est l’opium du peuple et la principale Muse de son million de poètes.

Samedi, la première journée du Ramadan, le constat était déjà visible. Visage renfrogné, mauvaise mine, yeux rouges, les adeptes des fortifiants vivaient l’enfer du manque.

La tête à moitié couverte d’un pan de son boubou, Mohamed le boutiquier somnolait. Pour lui, le thé fait partie de la vie des Mauritaniens. "Comme tous les Mauritaniens, je ne peux pas rester une journée sans boire le thé" murmure-t-il entre deux crachats vite ensevelis sous le sable.

"Avec le mois de Ramadan c’est très difficile de s’en passer, mais la religion nous oblige. La première journée passée, le reste devient une habitude" ajoute-t-il. Pour Youssouf, vendeur de thé à l’arrêt bus, "pendant le Ramadan, il n’y pas de vente de thé pendant la journée, mais nous nous rattrapons la nuit avec les chauffeurs de bus et les taximan qui se jettent sur les verres comme des assoiffés du désert".

Le chauffeur de taxi Talla est presque au bord des larmes "je n’ai pas de problème avec la diète, mais rester quatre heures d’affilée sans une tasse de café Touba, cela me donne de violents maux de tête".

Plus loin, là-bas, près de l’Immeuble El Mamy, Moussa Sy, informaticien, est assis devant son ordinateur dans une des nombreuses papeteries qui pullulent dans la zone. "Avant le Ramadan je ne pouvais rester plus de deux heures devant l’écran sans fumer une mèche de cigarette. Actuellement, je souffre le calvaire.A partir de 14 heures, on dirait que ma tête risque d’exploser" témoigne-t-il.

D’autres pour éviter des maux de tête ou d’autres conséquences liées aux excitants pendant le Ramadan, prennent des mesures préventives d’adaptation. C’est le cas de Abou Wane, un fonctionnaire à la retraite. "Avant la prière de l’aube, je prends beaucoup de thé et de café pour tenir la journée jusqu’à la prière de la rupture. Ainsi dans la journée je vague à mes occupations sans trop de souci". Selon lui, c’est pendant le mois de Ramadan qu’il prend réellement conscience que le thé, le café et la cigarette, sont des drogues et des produits psychotropes. Mais, il ne parvient pas à s’en débarrasser.

Cheikh Oumar NDiaye


 


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