04:40
3 Questions à Mouhamadou Bamba Khadim, manager
Et c’est lors de ce séjour dans la capitale sénégalaise que nous avons rencontré Bouba Ndour, qui est producteur de son état, de surcroît le petit frère de Youssou Ndour. Et il nous a proposé de produire notre tout premier album. Une proposition que nous avons évidemment acceptée. Bouba Ndour et moi avons discuté sur les modalités de la signature du contrat de production.
Et nous sommes tombés sur les termes de ce contrat après avoir âprement discuté. C’est ainsi que nous nous sommes donné rendez-vous pour l’enregistrement de l’album. Et Bouba a ainsi découvert que j’alliais en fait ma vie d’artiste chanteur à celle du manager du groupe. Il m’a alors conseillé de m’orienter dans le travail de management des artistes.
Et il a laissé entendre qu’il m’avait trouvé «pugnace et bon négociateur» des intérêts des artistes-musiciens du groupe Black Muslims. Etant un modèle pour moi dans ce métier, je ne pouvais que suivre son conseil. C’est ainsi que je suis devenu un manager. Et j’ai travaillé avec plusieurs artistes-musiciens mauritaniens.
Le R. Q : Des managements qui se sont terminées à queue de poisson ?
Khadim : Vous êtes libre de dire ce que vous voulez ! Les hommes, les femmes et les enfants, qui me connaissent, savent que je suis une personne entière, qui s’engage toujours à fond pour la réussite de l’artiste-musicien dont je suis chargé de gérer sa carrière.
Et j’ai toujours travaillé dans ce domaine et fait aussi de très bon travail dans la gestion des carrières de nombreux artistes-musiciens de notre pays. En effet, j’ai battu des groupes musicaux et relancé la carrière de plusieurs artistes-musiciens mauritaniens. La preuve, le groupe «Ewlade Leblade», c’est moi ! Et le retour triomphal d’Ousmane Gangué sur la scène musicale, c’est moi Khadim !
Le R. Q : Pourtant l’un et l’autre vous ont laissé tomber ?
Khadim : Je ne vous apprends rien en disant qu’il y a peu de managers de ma taille dans ce pays. Et à un moment donné, j’ai été sollicité par plusieurs artistes mauritaniens, entre autres, Ousmane Gangué et Noura Mint Seymali alors que j’étais le manager du groupe «Ewlade Leblade» pour dire vous que ces gens ne m’ont pas laissé tomber. C’est moi qui suis parti ! Parce que je ne voulais plus manager Ousmane Gangué et le groupe «Ewlade Leblade».
Parce que je m’étais lancé dans un projet avec Viviane Ndour qui venait se produire à Nouakchott. Et alors que le trio de «Ewlade Leblade» devrait aller se produire au Maroc. Donc, j’ai été obligé de rester à Nouakchott pour organiser l’arrivée de Vivi (Viviane). Une décision qui ne m’a pas plu aux trois chanteurs de «Ewlade Lablade».
C’est ainsi que nous nous sommes séparés pas à de queue, mais à l’amiable. Mieux, ils sont allés voir plusieurs autorités publiques pour que je revienne travailler avec eux, mais j’ai non, non et non. Quant à Ousmane Gangué, je l’ai amené par mes relations au FESMAN de Dakar et j’avais personnellement préparé son retour à Nouakchott. Mais je vous avoue qu’Ousmane Gangué est artiste-musicien qui n’a pas confiance en lui-même.
Et vous comprendrez aisément pourquoi je ne pouvais poursuivre votre collaboration. Quant à Noura Mint Seymali, je cherche toujours des bons contacts pour elle. Et nous n’avons pas de problèmes. Mais le problème est qu’il n’y a pas beaucoup d’activités culturelles en Mauritanie.Et je n’arrive toujours pas à comprendre les objectifs du festival Assalamalekoum
Propos recueillis par Camara Mamady