Cridem

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18-04-2012

00:13

Abou Thiam, artiste chanteur : Portrait d’un pur produit du Fouta.

Rencontré lors du lancement du concours de chansons sur l’eau qu’il compte organiser à la prochaine rentrée avec le Réseau d’organisation pour la Promotion de la Citoyenneté, cet artiste très adulé par les gens du Fouta est le seul à avoir été associé à la journée mondiale de l’eau qui a eu lieu à Marseille. Portrait.

Abdou Thiam est né dans un petit patelin, d’environ 300 personnes, au nom exotique : Ngouye. Il s’agit d’un ancien comptoir Bordelais sans école. Après avoir eu la chance d’être adopté par quelques colons, ces derniers amènent Abou Thiam, alors âge de 7 ans, à 35 km de Saint. Là, il apprit très précocement ce qui s’appelle la débrouillardise.

La localité de Laaw où il atterrit est connue traditionnellement comme le lieu où se forment les plus grands artistes du Fouta, à l’image de Guélaye Ali Fall, Bayal Samba Tène, Ali Madiadji entre autres... "Le Laaw est un foyer ardent, un conservatoire de la musique dans le temps et aujourd’hui" souligne le lead vocal de Ngaari Laaw. 

Abdou Thiam poursuivra ses études jusqu’en Terminal. Il ne terminera pas ses études d’économie. Il confesse : " je n’ai jamais accepté de faire Bac+ 4 en économie, parce que j’avais envi de faire de la musique. J’ai suivi une année pédagogique pour aller enseigner. J’allais en souffrir mais j’ai trouvé une passerelle pour continuer à enseigner sans les murs ". Pour à un grand artiste du Fouta, Abou Thiam décidede créer l’orchestre  Ngaari Laaw.

"En 89, j’ai monté  Ngaari Laaw pour rendre hommage à Bayal Samba Tene, un grand artiste foutankin surnommé  Ngaari Laaw " affirme -t-il. Pour briser la routine des chansons traditionnelles, l’artiste refuse de suivre les pas de ces prédécesseurs et se lance dans une nouvelle piste, en puisant ses référentiels dans l’actualité chaude des gens du Fouta. " Dans les années 80, je me suis lancée dans une folie en essayant de monter cet orchestre qui, au départ, avait la particularité de naviguer à contre courant des chansons traditionnelles, c’est à dire en disant non aux chants laudatifs et oui aux chants aux thème porteurs de notre société à savoir l’environnement, les violations sur les femmes, l’immigration etc… " avance l’artiste.

Après l’installation de l’orchestre, Abou Thiam et son groupe ont fait des tournées un peu partout. Ils seront finalistes en 1996 d’un concours de musique à RFI. Le Centre culturel Français de Saint Louis l’encadre et lui donne des armes pour affronter le monde du show biz. Un milieu qu’il n’a jamais voulu affronter parce qu’il " n’était pas dans cette dynamique, à savoir sa compagnie et sa communauté" déclare-t-il..

Un artiste au service l’eau ……..

De fil en aiguille, l’artiste se mue en entrepreneur culturel, initiant des programmes qu’il a mis en place depuis 2001, au tour de l’eau, de l’éducation et de la santé. Sur la question "pourquoi ces thèmes ?", il répond : "l’eau, parce que j’organise annuellement le festival de l’eau ; la santé, pour sensibiliser sur les questions liées au VIH Sida et enfin les MGFs ; l’éducation, parce que je partage avec les organisations les plus représentatives du Sénégal le programme sur la formation des adultes analphabètes ". Ainsi, pour Abdou Thiam, "à la différence des autres, je ne prends pas la craie, mais plutôt le micro pour sensibiliser ou faire le lobbying sur des questions sociales".
Militant en faveur de l’OMVS….

Après un grand succès pour la création de l’Orchestre du fleuve Sénégal, qui réunit les quatre pays qui partagent le fleuve Sénégal, Abou Thiam et l’orchestre du fleuve Sénégal ont lancé un album intitulé " NGO MAYO " (ce fleuve là). "Cet orchestre nous a amené au forum mondiale de l’eau" temoigne-t-il. Après plusieurs tournées, Abdou Thiam et son groupe sont repartis au Pays-Bas pour participer à l’animation de la journée du 22 mars, la journée mondiale de l’eau, préparé par le prince David Williams.

Cheikh Oumar N’Diaye.

Avec Cridem, comme si vous y étiez...













 


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