Cridem

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14-04-2012

13:26

Concert à l’IFM, Moussa Sarr se réinvente et prend sa revanche [Video 1h28mn & Rep. Photos]

Lors de son concert jeudi 5 avril à l’Institut Français de Mauritanie (IFM) de Nouakchott, le chanteur Moussa Sarr a royalement surpris le public. Il a pris sa revanche sur ses détracteurs qui l’ont toujours trouvé peu convaincant sur le plan musical.

Cette fois-ci, entre rester sur le quai et monter dans le train, Moussa Sarr a préféré la dernière option pour impulser désormais sa carrière musicale. Le cœur était vraiment à l’ouvrage. Résultat, il a offert une musique haut de gamme conçue à partir de chansons qui parlent de la démocratie, de la mondialisation, de l’amour, de l’émancipation de la femme…

Pour les besoins de ce concert où il a placé très haut la barre, Moussa Sarr s’était fait entourer de son groupe, Jaalal Leñol composé d’Ibrahima Bâ (hoddu), Iba Ndiaye (guitare électrique et solo), Abdoul Khadr Seck (Tama), Bocar Mbodj (clavier), Makha Diawara (djembé) et d’Amadou Diaw pour l’orchestration.


(Durée de l'upload sur Youtube avec notre ligne adsl 1 Mo : 26 heures 08 mn... )

C’est à Koundel, à 54 km de Kaédi, dans le sud de la Mauritanie, dans la commune de Tokomadji, que Moussa Sarr y a vu le jour, le 6 avril 1967. «En classe, au lieu d’apprendre, je mimais, je chantonnais. J’avais toujours des problèmes avec notre instituteur », se souvient Moussa Sarr. Il débutera d’abord, alors jeune écolier, par le théâtre et la danse, une orientation mal vue par son père, Mamadou Sarr. Tout le contraire de sa mère, Coumba Lô, qui l’a toujours encouragé à ne pas sortir de sa propre histoire.

Pour la petite histoire, c’est sa mère qui lui paiera sa première guitare en 1988. «Mon père l’a cassée pour m’empêcher de devenir musicien», explique-t-il. Ayant compris que ce sont les actes qui font l’homme, Moussa Sarr prend son courage entre ses deux mains. Petit à petit, la passion pour la musique va prendre le dessus sur son éducation. Vivant entre Boghé et Kaédi pour les besoins de son éducation, il va créer son groupe, Bouloumbal.

Au début des années 90, il s’installe à Nouakchott et intègre le groupe «Dandé Jaam» où il restera pendant une année. En 1996, il décide de voler de ses propres ailes en fondant son groupe de musique, Jaalal Leñol, le pilier du peuple.

Courant toujours derrière une reconnaissance musicale dans son pays, Moussa Sarr a néanmoins écumé quelques scènes en France comme celle des 5emes Rencontres Internationales de Pincées Cordes en compagnie de l’Ensemble PhilidOr en 2006, dans la région centre de France. Durant la même année, il se produit aussi au Festival Plumes d’Afrique qui a rassemblé des voix de la musique africaine à l’image d’Alpha Blondy. Le Festival Excentriques de Mainvilliers lui a également déroulé le tapis en 2009.

Boudé chez lui, Moussa Sarr se bat aujourd’hui pour que quelques-unes de ses plus de 90 chansons qui dorment dans le tiroir de l’oubli soient produits par une maison de production qui se fait toujours désirer.

Au lendemain de son concert de très haute facture, le 6 avril, il a soufflé ses 45 bougies. Auteur-compositeur, Moussa Sarr est un chroniqueur de la vie, éternellement préoccupé par le sort de l’homme.

Babacar Baye Ndiaye


Avec Cridem, comme si vous y étiez...











































































 


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