30-04-2026 22:30 - Communiqué du Collectif de la défense des détenues: Députée Mariem Cheikh Dieng, Députée Ghame Achour Salem et la journaliste Warda Souleymane

Communiqué du Collectif de la défense des détenues: Députée Mariem Cheikh Dieng, Députée Ghame Achour Salem et la journaliste Warda Souleymane

Nos clientes, Mesdames Ghamou, Mariem et Warda, actuellement en détention préventive à la prison des femmes de Nouakchott, subissent, au quotidien, diverses formes d’humiliation, d’atteinte à leurs libertés, et des violations systématiques à la loi, aux conventions internationales et dispositions règlementant le statut des prisonniers et les textes règlementaires régissant les établissements pénitentiaires.

Avec consternation et regret, nous relevons en particulier le placement de la députée Mariem à l’isolement total elle et son nourrisson de moins de cinq mois, ainsi que l’interdiction faite à Ghamou Achour de pratiquer les exercices physiques qui lui sont prescrits médicalement.

Bien qu’elles soient toutes les deux membres du Parlement, les deux députés ont fait l’objet de la sommaire procédure de flagrant délit en violation manifeste de la loi dans une tentative manifeste de soustraire leur cas de l’examen des députés afin de pouvoir les incarcérer en toute facilité et en total catimini.

Quant à Madame Warda, elle a été victime d’actes encore plus graves. Des éléments de la Garde nationale chargés de la sécurité de la prison n’ont pas hésité à la brutaliser physiquement, la traînant sans ménagement, lui assenant violemment des coups de bâton et de matraque, la rouant de coups de pied, le tout devant l’ensemble des autres détenues et personnel administratif.

Lorsque Warda a perdu connaissance puis est entrée dans un état comateux, l’administration pénitentiaire a été saisie de panique et s’est trouvée désemparée. Elle n’a alors eu d’autre choix que de la transférer en toute urgence à l’hôpital, où il a été constaté, à première vue, qu’elle souffrait d’entorses et de fractures au pied et à la jambe droit.

Ces faits ne sont incontestables: de nombreux témoins les attestent , les caméras de surveillance installées dans la prison fonctionnant jour et nuit les ont enregistrés et des représentants d’organismes officiels se sont rendus sur les lieux juste quelques heures après le déroulement des faits. Le flagrant délit tel que le prévoit le Code de procédure pénale est là et non ailleurs.

Il ne fait également aucun doute que ces agissements représentent un grave recul en matière de libertés, en particulier au sein des établissements pénitentiaires qui, depuis des décennies, n’ont plus été des lieux de torture ou de violences morales ou physiques envers les détenus, contrairement à ce que nous constatons aujourd’hui à l’encontre de nos trois clientes.

En conséquence, le College de défense présente aux hautes autorités judiciaires, politiques et administratives compétentes les deux démarches pressantes ci-après :

1. Ordonner la libération de nos trois clientes et mettre fin aux poursuites engagées à leur encontre.

2. Engager une action pénale à l’encontre des auteurs des crimes et délits commis au grand jour au sein de la prison des femmes de Nouakchott.

Nouakchott le 30/04/2026

Le collège de la défense





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Source : Hamady Lehbous
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