25-04-2026 15:51 - Affaire Fatimata Ba : un suspect arrêté à l’étranger, la vérité encore disputée autour des circonstances de la mort

Affaire Fatimata Ba : un suspect arrêté à l’étranger, la vérité encore disputée autour des circonstances de la mort

LE CALAME - Le procureur de la République près la wilaya de Nouakchott-Nord, Cheikh Baye Ould Sidi, a livré ce vendredi 24 avril, les premiers éléments officiels de l’enquête ouverte après le décès de la jeune Fatimata Ba (33 ans), dont le corps a été découvert samedi dernier dans la moughataa de Dar Naim.

Selon le parquet, le corps de la victime a été retrouvé à proximité de la mosquée dite « mosquée Ould Ahmedou », à Dar Naim avant d’être transféré à l’hôpital Cheikh Zayed, puis au Centre hospitalier national pour une autopsie réalisée par des médecins légistes.

L’identification a été rendue possible grâce aux empreintes digitales, en l’absence de documents d’identité sur la victime. La famille a ensuite été contactée et informée.

Lors de la conférence de presse, le procureur a indiqué que l’exploitation des données téléphoniques et des communications de la jeune femme a permis de reconstituer ses derniers déplacements. L’enquête aurait ainsi établi qu’elle avait été transportée depuis Arafat dans un appartement meublé situé à Tevragh-Zeina, à proximité du carrefour dit « Carrefour Jambour ».

Ces investigations ont conduit à l’identification d’un suspect principal, localisé puis arrêté au Sénégal moins de 48 heures après les faits, selon les autorités. Plusieurs autres personnes ont également été entendues dans le cadre de l’enquête.

Le procureur a affirmé que le dossier repose sur un ensemble d’éléments matériels, notamment des relevés téléphoniques, des images et des enregistrements vidéo. Il a appelé à la prudence face aux spéculations et à la diffusion de rumeurs sur les réseaux sociaux.

Concernant l’examen médico-légal, le médecin ayant supervisé l’autopsie a indiqué que les premières conclusions n’ont révélé ni traces de violence ni blessures apparentes, évoquant une piste toxicologique. Toutefois, cette version est contestée par des proches de la victime, qui évoquent au contraire un corps présentant des signes de violence.

Dans un autre volet de l’enquête, le procureur a déclaré avoir présenté au père de la victime des éléments vidéo et techniques, et lui aurait laissé le choix entre l’inhumation sur la base des conclusions provisoires ou une contre-expertise à l’étranger.

Lors d’une conférence de presse, il a indiqué que le parquet a été surpris par la circulation de photos de la défunte après que son corps a été remis à son père pour inhumation. Il a précisé que le dossier relatif au corps est désormais clos sur le plan procédural, après l’accomplissement de toutes les démarches légales, notamment l’autopsie réalisée à la demande du père, lequel a été informé des résultats avant de récupérer la dépouille.

Cette affaire continue de susciter une forte émotion à Nouakchott, où des rassemblements de soutien à la famille ont eu lieu, notamment devant la morgue de l’hôpital national, ce vendredi, alors que les autorités judiciaires affirment poursuivre les investigations afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès.





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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 25/04/2026 18:01 X

    1) "Ni traces de violence ni blessures apparentes, évoquant une piste toxicologique." Ça ne nous arrange pas, monsieur le procureur !! Si c'est un homicide (volontaire ou pas) , on veut du spectaculaire : parce que nous, monsieur, on a une histoire humanitaire à faire passer. La victime est noire : la haine raciale, ça se perçoit plus facilement si un crâne a été fracassé, la haine des femmes aussi, etc.

    2) Ça n'arrange peut-être pas aussi le père : mais ATTENTION là, respect !!! Lui, il a le droit d'avoir un récit qui ne lui convient pas. Donc on ne s'étale pas, on se contente de dire qu'il a accepté l'inhumation.

    3) Le procureur laisse le choix au père de la décision d'une expertise à l'étranger : Quoi ?! Selon quelle logique ? Le besoin doit venir des enquêteurs et de l'apport attendu pour l'enquête d'une telle démarche.

    4) Donc en Mauritanie c'est la famille et la foule qui décideraient de l'approfondissement des investigations. Cela peut s'envisager à condition que la foule paye les frais supplémentaires ou que le procureur le fasse de sa poche ! Mais où va-t-on ? Selon que l'on soit riche ou pauvre, soutenu ou pas, le peuple mauritanien ne paye pas la même chose pour les couts judiciaires !

    5) Ainsi, un méchant cambrioleur notoire est retrouvé le crâne fracassé dans la rue. Pas de foule, la famille ne dit rien, mais l’enquête conclut à l'intérêt de résultats complémentaires à l'étranger. On remet le cadavre et un meurtrier continue de se promener à Nouakchott ; parce qu'évidemment il ne risque de tuer que des cambrioleurs !

    6) Quand je lis ça, je comprends comment les escrocs de la morale peuvent obtenir tout ce qu'ils veulent en Mauritanie.