11-03-2026 08:05 - Editorial du Calame : Comme si…..
LE CALAME -
La vidéo a fait le buzz sur les réseaux sociaux la semaine dernière. Inaugurée en grandes pompes il y a quelques mois par le président de la République lui-même, la route de Diouck est déjà en piteux état en plusieurs endroits.
Le bitume s’est décollé comme s’il n’a jamais adhéré à la couche de base. Le ministère de l’Équipement a dépêché d’urgence une équipe sur le terrain pour apprécier de visu la situation, donnant ainsi l’impression (fausse, bien sûr !) qu’il veille au grain.
Comme s’il ne savait pas de quoi il s’agit. Comme si l’écrasante majorité de nos routes ne s’est pas détériorée quelques semaines après sa mise en service. Comme si les décaissements n’étaient pas délivrés à la tête du client. Comme si… comme si… à l’infini.
Nous l’avons toujours dit et répété : la politique des routes doit être revue dans son ensemble. Il faut arrêter avec la pratique désuète du moins disant. Des sociétés fondées en quelques jours ont ainsi pu obtenir d’énormes marchés en cassant les prix, quitte à demander plus tard des avenants. Les bureaux de contrôle n’échappent pas non plus à cette ambiance délétère.
À part deux ou trois qui ont pignon sur rue et déjà fait leurs preuves à l’International, les autres ne sont que des bureaux-cartables forts d’appuis haut placés.
Comment voulez-vous qu’une route soit viable dans ces conditions ? Trouvez-vous normal que la seule route nationale vraiment stable à l’heure actuelle est celle reliant Nouakchott à Rosso ? Vous savez pourquoi ? Parce que l’Union européenne qui l’a financée a sélectionné elle-même l’entreprise qui l’a construite, ainsi que le bureau de contrôle.
Serait-ce trop demander à notre administration, de faire systématiquement la même chose pour toute construction et d’éviter ainsi que nos maigres ressources dont on a tant besoin partent ainsi à vau-l’eau ?
Ahmed ould Cheikh
