28-09-2012 11:56 - Editorial de Biladi
La Mauritanie, comme d’ailleurs tous les pays arabes et musulmans, a connu ces dernières semaines, des manifestations pour dénoncer le sombre film dont le réalisateur tentait, vainement, de s’attaquer au prophète Mohamed (PSL) et les caricatures blasphématoires publiées, encore une fois, par le journal satirique français, Charlie-Hebdo.
Les manifestants ont tenté, sans succès, d’atteindre l’ambassade de France à Nouakchott pour déverser leur colère contre ce qui leur parait comme une campagne bien orchestrée par le monde occidental contre la religion musulmane. Et ne peuvent ou ne veulent pas entendre autre chose que cela. Du moins, la grande majorité de ces manifestants qui croient, dur comme fer, à la théorie du complot permanent des occidentaux contre les musulmans et leur religion.
En Mauritanie, on est loin des centaines de milliers de manifestants afghans, pakistanais ou indonésiens. Il n’y avait que quelques dizaines de manifestants dans les grandes villes. Mais cette faible mobilisation ne peut point être interprétée comme manque intérêt à ce sujet. Loin s’en faut !
Cela s’explique par le fait qu’on est en pleine saison d’hivernage, synonyme de démobilisation chez nous. En plus, les descentes dans les rues ne sont pas une tradition connue des mauritaniens qui ne sont pas vraiment versatiles, mais l’Islam occupe une grande partie –pour ne pas dire toutes les parties- dans leur vie. C’est dire le degré d’irritation que provoque, chez eux, toute atteinte à l’Islam ou plus particulièrement à son prophète.
Mais au-delà du sentiment qu’éprouvent nos compatriotes devant toute atteinte à l’Islam, ils ne peuvent pas comprendre l’intérêt à un journal ou à un cinéaste à s’attaquer au sacré des populations. En quoi cela peut-il être assimilé au droit sacré d’expression au moment où en France, par exemple, on interdit aux musulmans le droit de manifester publiquement contre les attaques contre leur foi.
N’ont-ils pas, eux aussi, le droit de s’exprimer publiquement, comme les autres en ont le droit, apparemment ‘’sacré’’, d’attaquer leur religion ? Ou y-a-t-il vraiment cette règle de deux poids, deux mesures ? Tout porte à le croire. Surtout, si l’on sait que la négation de l’holocauste est condamnée par la loi en France. Roger Garaudy, l’écrivain français converti à l’Islam, en a fait les frais et a vu son livre sur l’histoire des juifs interdit sur le territoire de son pays…
