29-08-2012 01:10 - Péril islamique au nord : le Mujao entraine ses recrues à Ansongo
Le Mouvement pour l’unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), avec ses alliés des autres groupes armés extrémistes qui se font passer maîtres des régions nord qu’ils contrôlent, multiplie toujours ses actions terroristes sur les populations.
Après s’être tristement illustré par des actes barbares et rétrogrades, les voilà qui installent des camps d’entraînement pour former à la jihad les nouvelles recrues. C’est Ansongo, localité de la région de Gao, où ces groupes extrémistes salafistes sont basés, depuis l’annexion de cette partie du pays, en mars dernier, que le Mujao, plus actif dans la perpétuation des actes barbares et rétrogrades sur les populations civiles, procèdent à l’entraînement des nouvelles recrues.
L’information, rapportée par notre confrère chinois Xinhua, à partir des sources ciblées au sein de la population civile, subissant les affres de ces groupes extrémistes, est prise très au sérieux dans les milieux de défense des droits de l’homme, lesquels, à en croire les sources provenant des localités sinistrées, ces mêmes bandes armées, sans loi ni foi, s’adonnent de plus en plus à l’enrôlement des mineurs dans des mouvements armés djihadistes.
« C’est au bord des véhicules de marque Pick-up qui sont venus à Ansongo à 11 heures (heure locale, Ndlr) en provenance de Golia, qui est un village situé à 35 kilomètres d’Ansogo », ont déclaré dans une dépêche, largement relayée sur le net, nos confrères chinois Xinhu qui l’ont eux-mêmes capté des sources de Gao, «présentes à la foire hebdomadaire d’Ansogo qui a lieu chaque jeudi».
C’est donc jeudi dernier que le convoi est venu d’Ansongo où, profitant d’un jour de grande affluence, comme la foire hebdomadaire, les terroristes, comme à leur habitude, pour «d’impressionner» les populations civiles, impuissantes, ont procédé, dans ce genre d’événements, à une véritable démonstration de force sur le terrain.
Pour le camp d’entraînement, établi désormais à Ansongo, ce sont quelques 80 jeunes qui sont concernés.
Ils proviennent, selon toujours les mêmes sources, d’un village, Golia, situé à environ 35 Km de là . Selon une source proche de ce mouvement armé dijadiste, ces jeunes gens sont venus dans ce camp pour être formés comme des militaires de Mujao. Et cela, à leur propre guise.
Voilà encore une surenchère propagandiste qui ne trompe personne.
Toujours selon Xinhua, qui a rapporté ces faits, un observateur averti de cette problématique a déjà donné son aperçu: «Ce recrutement sert pour le Mujao de marquer son territoire et d’endoctriner les jeunes pour assurer la relève au cas où il quitte les lieux».
Ces derniers, à Gao notamment, avec une police islamique qu’il a installée dans le but de terroriser les populations civiles, le Mujao, fort de sa supposée suprématie sur le terrain, abandonné à lui seul, après la défaite du MNLA, a multiplié les actes de provocation et de torture sur de paisibles citoyens: lapidation, coups de fouet…
C’est ici même à Ansongo que le Mujao a coupé la main d’un voleur supposé qui est d’ailleurs mort des suites de ses blessures, peu de temps après avoir subi une telle atrocité physique.
Cette triste affaire a été, dit-on, la suite logique d’un dramatique feuilleton familial, lui-même symptomatique du calvaire quotidien des populations de la région, du fait que la mère de ce jeune dont la main a été sauvagement coupée est décédée quelques moments après le supplice subi par son fils.
On le sait déjà , sur le terrain, sous la domination de ce mouvement armé extrémiste, la vie des populations locales, restées sur place, est devenue un véritable enfer.
Récemment encore, au nom de la charia islamique (défense de la loi islamique), un groupe de personnes a reçu du chef de la Mujao et de la police islamique cinquante (50) coups de fouet, chacun, pour divers motifs fallacieux liés à la consommation de la cigarette ou à la pratique d’un sport collectif.
Le fait étonnant, qui n’est pas forcément un acte d’agression physique ni morale, lié à la triste actualité des régions nord du pays, est en quelque sorte lié à cette nouvelle accusation du MNLA, ce mouvement rebelle touareg armé, contre le Mujao.
La réunion du MNLA, tenue avec ses responsables et la société civile touareg, à Ouagadougou, en fin de juillet dernier, mais dont les échos nous parviennent seulement à ces jours-ci, s’est achevée avec d’importantes résolutions. Parmi lesquelles la ré-mobilisation des forces combattantes et l’organisation d’une campagne de sensibilisation au profit de la communauté internationale.
C’est au cours de cette réunion que le MNLA a accusé tous les autres mouvements armés, occupant le nord-Mali, y compris le Mujao, son allié d’hier, de «groupes terroristes et de narco-trafiques» dont le seul objectif est de se livrer, dans la bande sahélienne, à des activités criminelles et illicites.
Le MNLA, aujourd’hui défait militairement sur le terrain, qui se veut se lancer dans une nouvelle opération de charme vis-à -vis de la communauté internationale, se trompe d’autant de stratégie et de combat, en ce sens que si le Mujao, qu’il renie présentement, est aussi dominant et fort sur le terrain, en train de terroriser les populations locales, c’est bien grâce à ses appuis d’hier qui a donné à ce mouvement rétrograde la force qu’il a maintenant de brutaliser et de violenter tout sur son passage.
Nous y reviendrons d’ailleurs…
Sékouba Samaké
