28-08-2012 09:06 - Les islamistes brutalisent les civils touaregs

Les islamistes brutalisent les civils touaregs

Les extrémistes continuent leur campagne d'intimidation en direction des civils dans le nord du Mali. Les habitants de la ville de Gao, dans le nord du Mali, se sont fait la promesse de protester contre les pratiques brutales des occupants islamistes.

Deux semaines après que le Mouvement pour l'Unité et le Jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) ait imposé sa stricte sanction sur un voleur à Ansongo, ce groupe dissident d'Al Qaida a menacé, le mardi 21 août, d'amputer les mains de 60 autres personnes.

"Par ces pratiques criminelles répétées, la population ne sera que davantage déterminée encore à renoncer aux pratiques du terrorisme et au régime imposé par des étrangers, car la gouvernance de trois mois imposée par ces gangs criminels a changé le style de vie des Touaregs, de ceux qui ont été forcés, en raison de la pauvreté et d'une incapacité à s'enfuir, à rester dans cette zone", explique l'activiste touareg Nina Walet Ntalo, ministre dans le gouvernement de l'état dissident de l'Azaouad.

"Ces comportements suffisent pour que le monde entier agisse, et non seulement les Touaregs", dit-elle à Magharebia.

Le voleur présumé dont la main avait été amputée à Assongo est mort une semaine plus tard, a rapporté malijet.com. Deux jours après, sa mère est décédée d'une crise cardiaque, raconte à Magharebia Moussa Ag Chrouga, qui habite Ansongo.

"Le jeune homme n'a pu supporter la perte de sa main droite, et sa blessure n'a pas répondu au traitement médiocre qui avait été fourni par le centre de soins trop faiblement équipé d'Ansongo, et qui consistait en une simple attelle, des anti-douleurs de base et des antibiotiques, il a été par conséquent saigné à mort", indique Ag Chrouga.

"Concernant sa mère, elle est morte de douleur et de chagrin, quand les militants n'ont pas écouté ses supplications de laisser son fils ou de le transférer dans un endroit plus décent pour y être soigné", ajoute-t-il. "Les habitants d'Ansongo et de Gao ont été très tristes, mais ils se souviennent encore de leurs mauvaises expériences lors des manifestations, ce qui les fait hésiter à sortir défiler afin d'éviter de nouvelles victimes".

Selon le journaliste Abou Bakr al-Ansar, la population était "sur le point de manifester" contre l'amputation, mais "les terroristes ont lancé une campagne majeure d'intimidation".

Le journaliste Mohamed Ag Ahmedu explique à Magharebia que la jeune victime était issue d'une tribu appelée Targha. Il avait été accusé de voler des armes et de les vendre pour pouvoir nourrir sa famille en raison de la pauvreté.

Et c'est le reflet de la condition de la majorité des jeunes vivant dans les villages placés sous le contrôle des islamistes, selon Ag Ahmedu. Le vol est l'une des deux options se présentant à eux. L'autre choix est de rejoindre les groupes extrémistes en échange de produits alimentaires, ce que rejettent de nombreux jeunes.

" Les demandes et les médiations de nombreux dignitaires locaux ne sont pas parvenues à convaincre le MUJAO d'accorder sa grâce au jeune homme", indique Ag Ahmedu. "Les militants islamistes semblent avoir eu le désir de se venger de lui parce qu'il avait été recruté dans leurs rangs, puis qu'il les avait abandonnés, qu'il s'était enfui avec son arme et qu'il l'avait vendue à quelqu'un".

Ce n'était pas "le premier incident de ce genre en termes d'application de la loi de la Charia", explique un religieux de Gao sous couvert d'anonymat.

"On a vu des flagellations et des semonces, et une lapidation à mort a eu lieu à Aguelhok il y a quelques jours", dit-il à Magharebia. "Toutefois, ce qui est nouveau dans cet incident, c'est la mort en raison de la douleur après qu'un organe corporel ait été amputé, car cette souffrance a été une expérience douloureuse pour tous. Nous affirmons qu'il n'y a de pouvoir et de volonté que par Dieu".

"En tant que religieux, nous considérons que la situation actuelle vécue par la population est similaire à la condition expérimentée par les musulmans durant l'année al-Ramada, quand Omar Bin al-Khattab a suspendu l'application des sanctions dures en raison de la pauvreté et des besoins des gens", ajoute-t-il. "Cette année-là, les mains des voleurs n'avaient pas été coupées au nom de la miséricorde et de la compréhension des besoins des personnes. Mais ces extrémistes assassinent l'aspect humanitaire de l'Islam et ils appliquent la religion de façon littérale".

Anara Ag Ntalu, un habitant de Gao, confie que la ville vit dans un état de "panique grave et de terreur". "Le sentiment dominant parmi nous est qu'après quelques mois de la réalité que nous vivons, il y aura beaucoup de mutilés, d'amputés de la jambe dans notre ville en raison de l'amputation sans miséricorde de ces parties du corps", dit-il.

Les habitants locaux sont toutefois déterminés à se confronter aux islamistes et à protester contre leur règne de terreur. "Le jour viendra où on sortira, la poitrine nue, défier la mort, et notre slogan sera "Oui à la mort, non à l'humiliation", ajoute Ag Ntalu.

Par Jemal Oumar pour Magharebia à Nouakchott



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Commentaires (1)

  • leguignolm (H) 28/08/2012 14:00 X

    Si on n’arrête pas cet ouragan Islamiste, on risque de réduire la plus grande partie de la population de touareg à des manceaux. Puisque le vole, la raquette, le vandalisme fait parti de la culture touareg. Si l’on contenue à couper les mains de ces citoyens ça sera une aubaine pour les autorités maliennes comme ça la rébellion toureag va disparaitre une bonne fois pour tout !!!