17-03-2012 23:40 - Musique traditionnelle : La fin d'une époque.
La majorité des jeunes actuels n'écoutent pas la musique traditionnelle. Ils ignorent tout de sa fonction formative, ses douces sonorités, la variété de son répertoire et surtout son esthétique. La plupart d'entre eux ne s'intéressent ou plutôt ne connaissent que la musique moderne qu'ils consomment sans modération avec ses risques et périls.
Les jeunes d'aujourd'hui sont accaparés par les clips, les émissions musicales qui passent à la radio et plus récemment l'Internet. La musique traditionnelle victime de la mondialisation a perdu de sa verve d'antan. Ses dépositaires - griots pour la plupart- fortement concurrencés par une nouvelle caste de musiciens adeptes du marketing culturel, luttent pour leur survie. Le souci de subsister les force d'outrepasser le seuil critique dans lequel s'exerçait leur art: Louer les vertus de leur société et en dénoncer les tares...
Véritables maîtres de la parole, ils modelaient leur verbe pour en ressortir des images symboliquement fortes et hautement significatives aux yeux du public. Pudique et sacerdotale, cette musique visait avant tout la conservation d'une société dont les règles s’apparentent à des dogmes infranchissables.
Les musiciens traditionnels recevaient certes des présents dus à leur rang social mais le goût du profit n'était pas encore la source de leur inspiration. Leur rôle était de transmettre de génération en génération les traditions philosophiques et historiques de leur communauté.
Aujourd'hui, avec l'éclatement de la société traditionnelle, cette musique qui naguère avait égaillé les cours des rois des grandes empires d'Afrique, celle-là qui avait forgé les caractères de plusieurs individus, est entrain de disparaître petit à petit. Si rien n'est fait pour la sauver, c'est un pan entier de notre culture qui risque de "brûler".
Yero Amel Ndiaye
